b1n0 font de l’improvisation la matière première de leur nouvel album «Gargot»
Le duo électronique catalan b1n0 sort Gargot, onze morceaux composés à partir de sessions improvisées.

Et si un album commençait sans plan préétabli ? C’est l’idée au cœur de «Gargot», troisième disque du duo électronique catalan b1n0, formé par Emili Bosch et Malcus Codolà. Paru le 23 octobre 2026 chez Foehn Records, il réunit onze morceaux nés de séances d’improvisation avec plusieurs artistes invités.
Le titre renvoie au mot catalan désignant un gribouillage : un trait commencé sans savoir exactement quelle forme il prendra. Cette image décrit directement la méthode du duo. Plutôt que de réunir des chansons déjà écrites, les musiciens ont laissé les rencontres produire la matière à partir de laquelle construire le disque.
Des rencontres plutôt que de simples collaborations
Sur beaucoup d’albums actuels, un invité intervient sur une chanson déjà écrite. «Gargot» inverse cette méthode. Emili Bosch et Malcus Codolà ont commencé par des séances ouvertes, sans structure fixée à l’avance, avant de transformer le matériau né des échanges en morceaux. Les invités deviennent ainsi de véritables acteurs de la composition et non des noms ajoutés après coup.
C’est là que l’image du gribouillage prend son sens. Le premier trait ne sait pas encore où il mènera, comme un motif musical qui change lorsqu’un autre instrument lui répond. Le goût de b1n0 pour l’imperfection n’est donc pas synonyme de négligence : il s’agit de préserver l’imprévisible dans le résultat final.
Trois extraits et un concert pensé comme une autre version du disque
«Si no me quieres», «Cataclisme» et «Nit» ont précédé la sortie. L’écrivain Martí Sales pose ses mots et sa voix sur «Cataclisme», tandis que Meritxell Neddermann participe à «Nit». Clara Peya, Mar Pujol, Xavier Marín d’Oso Leone et Vernat figurent aussi parmi les participants. Sur scène, Eduard Frigola, membre de Playmodes, a créé un dispositif visuel associant écrans, lumières mobiles et lasers capables de dessiner des symboles en temps réel. Neddermann rejoint le duo pendant cette nouvelle étape.
Le projet dépasse ainsi la seule production électronique : collaboration, lumière et interprétation deviennent différentes expressions d’une même idée. Le disque complet est disponible à l’écoute sur Bandcamp.
La collaboration devient une méthode
Clara Peya, Martí Sales, Meritxell Neddermann, Mar Pujol, Xavier Marín du groupe Oso Leone et Vernat participent au projet. b1n0 avaient déjà travaillé avec Ferran Palau, Marina Herlop ou Tarta Relena, mais cette fois, les échanges entre artistes déterminent l’architecture même de l’album.
Les premiers extraits «Si no me quieres», «Cataclisme» avec Martí Sales et «Nit» avec Meritxell Neddermann donnent une idée de ce territoire situé entre électronique, pop expérimentale et spontanéité. Ce n’est pas tant un genre qu’une attitude : accepter qu’une chanson puisse changer de direction lorsqu’elle est jouée.
Un spectacle pour prolonger l’expérience
Le groupe a conçu une formule audiovisuelle particulière, avec des lumières mobiles, des projections et des lasers qui dessinent en temps réel l’univers visuel de «Gargot». Le dispositif a été développé par Eduard Frigola, associé au collectif Playmodes. Meritxell Neddermann rejoint également le duo sur scène.
Avec ce disque, b1n0 font de l’imperfection un choix esthétique. Le brouillon n’est plus une étape à effacer : il devient l’œuvre elle-même.