Skanderani traversent les frontières musicales avec «Sinaí Express»
Skanderani publient Sinaí Express, sept morceaux entre rock alternatif, funk, traditions nord-africaines et collages sonores.

Les frontières entre genres deviennent moins importantes lorsque les musiciens décident de les traverser. Skanderani, projet galicien associé à l’artiste hispano-marocain Ahmed Moussa Caramés, publient «Sinaí Express», un album de sept morceaux d’une durée proche de quarante minutes. Le disque rassemble guitares de rock, rythmes funk, influences nord-africaines et fragments d’enregistrements.
Un voyage sans destination unique
Les références du groupe vont de Mano Negra et The Clash à Fela Kuti, Rachid Taha ou Khruangbin. Pourtant, ces noms ne suffisent pas à expliquer sa démarche. L’essentiel est la manière dont des éléments issus de traditions différentes peuvent s’organiser à l’intérieur d’une même chanson, sans former une simple succession de styles.
Les titres «Maalouf», «Califa F1» et «Caribbo (OVD)» ont offert plusieurs portes d’entrée dans cet univers. Le dernier utilise notamment des fragments liés à Lole y Manuel et à Salvador Dalí. Les samples interrompent et transforment ainsi les arrangements, comme des voix supplémentaires dans une conversation musicale.
Des influences qui dialoguent
Skanderani s’inscrivent dans une longue histoire de groupes ayant fait dialoguer rock, rythmes africains et musique expérimentale. Mais le mélange ne doit pas faire oublier la spécificité des traditions convoquées. Il devient intéressant lorsque ces différences contribuent à une écriture singulière.
Le disque intègre aussi des références à des écrivains comme Amin Maalouf et William Burroughs. La construction semble chercher un récit fait de fragments, de rencontres et de déplacements, plutôt qu’une histoire strictement linéaire.
Écouter avant de classer
Les sept compositions de «Sinaí Express» invitent à découvrir le disque comme un parcours complet. Les amateurs de rock expérimental, de funk ou de musique métissée y trouveront différentes portes d’entrée. Mais le plaisir essentiel réside peut-être dans la possibilité d’écouter sans chercher immédiatement une étiquette.
Cette ouverture correspond à une idée simple : la musique est souvent plus passionnante lorsqu’on accepte de ne pas savoir exactement où elle nous emmène. Écouter «Caribbo (OVD)».